Un plant repiqué qui reste immobile pendant deux semaines n'a pas manqué d'eau ni d'engrais : il a subi un choc, et il met tout ce temps à refaire les racines qu'on lui a cassées. Le repiquage est le moment le plus délicat de la vie d'un jeune plant, parce qu'on le déplace deux fois en quelques semaines, du semis vers un godet, puis du godet vers le jardin, et que chaque déplacement peut lui coûter une partie de son système racinaire. Ce guide ne traite pas du choix d'un plantoir, développé dans notre guide dédié : il traite de ce qui se passe autour du geste, le bon stade, la tenue du plant, le contenant, l'endurcissement et les heures qui suivent la mise en place.
Sophie D.
Responsable du matériel horticole et EPI chez Triangle Outillage
En charge de la sélection technique, Sophie analyse et valide l'outillage horticole pour garantir efficacité et confort de travail au quotidien. Elle s'appuie sur le savoir-faire historique de Triangle Outillage, partenaire des professionnels de l'horticulture et du paysage depuis 1992, pour vous proposer des solutions testées et éprouvées sur le terrain.
Au sommaire de ce guide
- 1. Les deux repiquages
- 2. Ce qui provoque le choc, et comment l'éviter
- 3. Les trois familles de matériel
- 4. Du semis au godet
- 5. Bien choisir le contenant
- 6. Endurcir avant de planter
- 7. Du godet au jardin
- 8. Les jours qui suivent
- 9. Vos questions fréquentes
- 10. Tableau récapitulatif : chaque étape et ses gestes
1. Les deux repiquages
Le même mot désigne deux opérations différentes, et c'est la source de beaucoup de confusions dans les conseils que l'on trouve.
Le repiquage en godet
On sème serré dans une terrine, puis on transfère chaque jeune plantule dans un contenant individuel où elle aura la place de développer ses racines. Les jardiniers parlent aussi de « piquage ». C'est une opération de précision, faite à l'abri, sur des plantules de quelques jours.
La mise en place
On installe ensuite le plant au jardin, à son emplacement définitif. C'est le repiquage au sens courant, celui que l'on fait au printemps sur une planche préparée. Les outils de plantation sont présentés dans notre guide comment choisir son plantoir.
Peut-on éviter la première étape ?
Oui, et c'est souvent préférable. Semer directement en plaque alvéolée ou en motte, une à trois graines par emplacement, supprime le repiquage intermédiaire : le plant ne sera déplacé qu'une fois, avec toute sa motte. On éclaircit simplement en ne gardant que le plus vigoureux. Pour les espèces qui supportent mal qu'on touche à leurs racines, c'est la méthode à privilégier.
Le semis en place
Certaines cultures ne se repiquent pas du tout, parce que leur racine principale ne supporte aucune manipulation : on les sème directement au jardin. Les légumes-racines en sont l'exemple le plus connu. Repiquer n'est donc pas une étape obligatoire, c'est un choix qui dépend de l'espèce.
La règle d'or
Tenez toujours une plantule par une feuille, jamais par la tige. Une feuille abîmée se remplace, le plant en produira d'autres en quelques jours ; une tige pincée entre deux doigts est écrasée, les vaisseaux qui conduisent l'eau sont rompus, et le plant ne s'en remet pas, même s'il paraît intact sur le moment. À ce stade, ce sont les deux premières feuilles, les cotylédons, qui servent de poignée. C'est un geste qui paraît anodin et qui décide pourtant de la moitié des pertes au repiquage. Les supports adaptés aux semis se trouvent dans la catégorie plaques de semis, sous-bacs et terrines.
2. Ce qui provoque le choc, et comment l'éviter
Le choc de repiquage a trois causes, et chacune a sa parade.
Les racines cassées
L'essentiel de l'absorption d'eau se fait par les radicelles les plus fines, celles qui cassent le plus facilement. Un plant arraché sans sa motte perd une grande partie de sa capacité à boire, alors même que son feuillage continue d'évaporer. Il flétrit, s'arrête, et attend d'avoir refait des racines. La parade est simple : déplacer la motte entière, sans la secouer ni la défaire.
Le changement d'environnement
Un plant élevé à l'abri n'a connu ni le vent, ni le soleil direct, ni les écarts de température. Exposé brutalement à tout cela, il subit un stress qui s'ajoute à celui des racines. C'est l'objet de l'endurcissement, détaillé plus bas.
Le mauvais contact avec la terre
Une motte entourée d'air ne reçoit pas l'eau du sol, même humide. Les racines ne s'aventurent pas hors de la motte tant qu'elles ne trouvent pas une terre bien en contact. D'où l'importance du tassement et de l'arrosage de plantation.
Le résultat d'un repiquage réussi
Un plant bien repiqué ne marque presque pas d'arrêt. Il reste droit le lendemain, et reprend sa croissance dans les jours qui suivent. C'est le critère qui permet de juger le geste, bien plus que l'aspect du plant au moment de la plantation.
3. Les trois familles de matériel
Elles accompagnent les trois étapes de la vie du plant avant le jardin.
Les supports de semis
Terrines pour semer serré, plaques alvéolées pour semer en emplacements individuels, sous-bacs pour arroser par le dessous, dômes pour maintenir l'humidité pendant la germination. C'est le matériel du démarrage, réuni dans la catégorie plaques de semis, sous-bacs et terrines.
Les contenants d'élevage
Godets et pots individuels où le plant grandit jusqu'à la mise en place. Leur forme, leur volume et leur fond conditionnent la qualité de la motte. Certains limitent l'enroulement des racines, d'autres se plantent avec le plant. Voyez les pots, godets et conteneurs.
Les outils de mise en place
Transplantoirs et plantoirs pour ouvrir le trou, presse-mottes pour produire des mottes calibrées sans contenant, étiquettes pour ne pas perdre la trace des variétés. La gamme d'outils de main est dans la catégorie transplantoirs.
Plaques & terrines
Semer serré ou en alvéoles, arroser par le dessous.
Voir les plaques de semis
Pots & godets
Élever le plant jusqu'à une motte qui se tient.
Voir les pots et godets
Transplantoirs
Installer le plant au jardin sans défaire la motte.
Voir les transplantoirs
4. Du semis au godet
La première étape, faite à l'abri, sur des plantules de quelques jours.
Le bon stade
Le moment idéal se situe entre l'ouverture complète des deux cotylédons et l'apparition de la première vraie feuille. À ce stade, le système racinaire est encore réduit et se déplace sans dommage. Plus on attend, plus les racines des plantules voisines s'entremêlent dans la terrine, et plus il est difficile de les séparer sans casse.
Extraire sans arracher
On soulève une petite portion de semis par en dessous, avec une étiquette, un petit bâtonnet ou la pointe d'un outil fin, puis on sépare délicatement les plantules en les tenant par un cotylédon. On ne tire jamais une plantule vers le haut pour la sortir de la terre : on soulève d'abord la terre qui la porte.
Installer dans le godet
Remplissez le godet de substrat, ouvrez un trou assez profond pour accueillir toute la racine sans la replier, descendez la plantule, puis refermez en tassant légèrement du bout des doigts. Une racine repliée en crosse au fond du trou repart mal et garde souvent ce défaut.
La profondeur
Elle dépend de l'espèce. Certaines plantules s'enterrent volontiers plus profond que dans la terrine, jusqu'aux cotylédons, parce que leur tige émet des racines supplémentaires au contact de la terre : c'est le cas bien connu des tomates. D'autres doivent rester exactement au même niveau, collet hors de terre, sous peine de pourriture : c'est le cas des salades. En cas de doute, on repique au même niveau.
Arroser et ombrer
Arrosez doucement, de préférence par le dessous en posant les godets dans un sous-bac, ou par une brume fine qui ne couche pas les plantules. Un brumisateur est l'outil adapté. Gardez les godets à l'abri du soleil direct pendant deux ou trois jours, le temps que les racines reprennent.
La note du conseiller
Un plant étiolé, long et pâle, avec une tige fine qui ne tient pas debout, n'est pas un plant en avance : c'est un plant qui a manqué de lumière, et il sera toujours plus fragile au repiquage qu'un plant court et trapu. C'est le défaut le plus fréquent des semis faits à l'intérieur, près d'une fenêtre, où la lumière est bien plus faible qu'on ne l'imagine. Mieux vaut semer plus tard, dans un endroit très lumineux et plutôt frais, que plus tôt dans une pièce chaude et sombre. À la mise en place, choisissez toujours les plants les plus trapus, avec des feuilles bien vertes et une tige ferme, même s'ils paraissent plus petits : ce sont eux qui reprendront le plus vite.
5. Bien choisir le contenant
Le contenant façonne la motte, et la motte décide de la reprise.
Le volume
Un godet trop petit pour la durée d'élevage oblige les racines à tourner contre les parois, et le plant s'épuise avant même d'être planté. Un godet trop grand garde le substrat humide trop longtemps autour d'un jeune système racinaire, ce qui favorise les maladies. Le bon volume correspond au temps que le plant passera dans le godet avant sa mise en place.
Les racines qui tournent
Quand un plant reste longtemps dans son contenant, ses racines atteignent la paroi, la suivent et finissent par former un chignon, une spirale serrée qui persiste après la plantation et freine l'installation. Dans un contenant classique, il suffit de planter ou de rempoter avant que la motte ne soit envahie. Les contenants à parois nervurées ou ajourées interrompent ce mouvement et orientent les racines vers le bas, ou provoquent leur ramification. Ces modèles anti-chignon figurent dans la catégorie pots, godets et conteneurs.
Les godets qui se plantent
Les godets compostables se mettent en terre avec le plant, sans dépotage, ce qui supprime toute manipulation de la motte. Pour que les racines en sortent facilement, entaillez légèrement les parois ou le fond au moment de la plantation, et veillez à ce que le bord du godet soit entièrement enterré : un bord qui dépasse sèche et pompe l'humidité de la motte.
La motte sans contenant
Un presse-motte produit des cubes de terreau pressé, sans aucun contenant. Les racines s'arrêtent naturellement au bord de la motte, au contact de l'air, au lieu de tourner, et la motte se plante telle quelle. C'est une méthode très appréciée en maraîchage pour produire beaucoup de plants homogènes. Voyez les presse-mottes.
6. Endurcir avant de planter
L'étape que l'on saute le plus souvent, et celle qui fait la différence entre un plant qui s'installe et un plant qui stagne.
Le principe
On habitue progressivement le plant aux conditions extérieures : lumière directe, vent, écarts de température. Ses feuilles s'épaississent, sa tige se renforce, et il supporte ensuite la mise en place sans brûlure ni flétrissement.
La progression
Sur une semaine à dix jours environ, sortez les plants quelques heures par jour à un endroit abrité et mi-ombragé, puis allongez la durée et passez progressivement au soleil, avant de les laisser dehors la nuit les derniers jours si les températures le permettent. Rentrez-les ou couvrez-les si une nuit froide est annoncée.
Les signes qu'un plant est prêt
Feuillage d'un vert soutenu, tige ferme qui ne se couche pas au vent, et plant qui ne flétrit plus en plein après-midi. Retournez un godet : la motte doit se tenir et montrer un chevelu de racines blanches, sans spirale serrée au fond.
Les cultures de chaleur
Pour les espèces sensibles au froid, attendez que les nuits se soient réchauffées durablement avant la mise en place définitive. Un plant endurci résiste mieux au vent et au soleil, pas au gel. Un voile de protection léger permet de sécuriser les premières nuits si un doute subsiste.
7. Du godet au jardin
La seconde étape, celle de la mise en place définitive.
Préparer le plant
Arrosez les godets une heure avant la plantation, ou trempez-les quelques minutes dans un bac d'eau. Une motte humide se démoule entière et garde sa cohésion ; une motte sèche s'effrite et repousse l'eau au moment de l'arrosage.
Choisir le moment
En fin de journée ou par temps couvert, sur une terre ressuyée mais humide. Le plant aura toute la nuit pour commencer à reprendre avant d'affronter le soleil. Une plantation en plein midi, par temps chaud et venteux, cumule tous les facteurs de flétrissement.
Dépoter sans défaire
Retournez le godet en maintenant le plant entre deux doigts, la main à plat sur la motte, et tapotez le fond. La motte doit glisser d'un seul bloc. Si un chignon de racines s'est formé, défaites-le doucement ou griffez légèrement la surface de la motte pour inciter les racines à partir vers l'extérieur.
Planter, tasser, arroser
Ouvrez un trou un peu plus large que la motte avec un transplantoir, posez la motte à la bonne profondeur, refermez et tassez fermement autour pour supprimer toute poche d'air, puis arrosez au pied immédiatement. Cet arrosage de plantation met la terre en contact avec la motte ; il ne se remplace pas par une pluie annoncée.
Noter ce que l'on plante
Une étiquette à chaque rang ou à chaque variété évite de confondre des plants qui se ressemblent tous à ce stade. C'est aussi ce qui permet, l'année suivante, de savoir quelle variété a le mieux réussi. Voyez les étiquettes à planter.
Point de vigilance
Un plant qui flétrit dans les heures qui suivent la plantation n'a pas forcément besoin de plus d'eau. Si la motte a été bien arrosée et le sol tassé, c'est le feuillage qui évapore plus que les racines, encore peu installées, ne peuvent fournir. Noyer le plant à ce moment-là asphyxie les racines au lieu de les aider. La bonne réponse est d'ombrer temporairement, avec un voile léger ou un simple écran, pendant les heures chaudes des deux ou trois premiers jours. Vérifiez l'humidité en enfonçant un doigt au pied du plant avant d'arroser à nouveau : si la terre est fraîche à quelques centimètres, n'arrosez pas.
8. Les jours qui suivent
Une semaine décisive, qui demande peu de travail mais de l'attention.
L'arrosage
Régulier mais mesuré, au pied, en fonction de l'humidité réelle du sol. L'objectif est d'inciter les racines à sortir de la motte pour aller chercher l'eau dans la terre environnante. Une motte maintenue constamment détrempée n'y incite pas.
La protection
Contre le vent, le soleil des premiers jours et certains ravageurs qui apprécient les jeunes plants, un voile léger posé sur arceaux rend de grands services. Il se retire dès que les plants ont repris leur croissance.
Le paillage
Une fois le plant repris, un paillage au pied limite l'évaporation et les écarts de température, et réduit les arrosages. On le pose sur une terre humide, en laissant un espace dégagé autour de la tige.
Remplacer sans attendre
Gardez quelques plants de réserve en godet pendant une à deux semaines. Un plant qui ne reprend pas se remplace aussitôt, et le rang reste homogène. Attendre en espérant une reprise tardive fait presque toujours perdre plus de temps qu'un remplacement immédiat.
9. Vos questions fréquentes
À quel stade repiquer les semis ?
Entre l'ouverture complète des deux premières feuilles, les cotylédons, et l'apparition de la première vraie feuille. À ce stade, le système racinaire est encore réduit et se déplace sans dommage. Plus on attend, plus les racines des plantules voisines s'entremêlent et plus la séparation provoque de casse. Tenez toujours la plantule par une feuille, jamais par la tige.
Pourquoi mes plants ne poussent plus après le repiquage ?
C'est le choc de repiquage : le plant a perdu une partie de ses racines fines et doit les reconstituer avant de repartir. Pour le limiter, déplacez toujours la motte entière sans la défaire, endurcissez les plants avant la mise en place, plantez en fin de journée et tassez bien la terre autour de la motte. Un arrêt d'une dizaine de jours signale le plus souvent une motte abîmée ou mal en contact avec le sol.
Faut-il enterrer la tige plus profond au repiquage ?
Cela dépend de l'espèce. Certaines plantules, comme les tomates, émettent des racines le long de la tige enterrée et gagnent à être repiquées plus profond, jusqu'aux premières feuilles. D'autres, comme les salades, doivent rester exactement au même niveau, collet hors de terre, sous peine de pourriture. En cas de doute, repiquez au même niveau que dans le semis.
Comment endurcir ses plants avant de les planter ?
En les habituant progressivement à l'extérieur sur une semaine à dix jours environ. Sortez-les d'abord quelques heures par jour à l'abri du vent et du soleil direct, puis allongez la durée et passez au soleil, avant de les laisser dehors la nuit si les températures le permettent. Un plant endurci a des feuilles plus épaisses et une tige plus ferme, et supporte la mise en place sans flétrir.
Quand repiquer au jardin : le matin ou le soir ?
En fin de journée ou par temps couvert. Le plant dispose alors de toute la nuit pour commencer à reprendre avant d'affronter le soleil. Arrosez les godets une heure avant pour que la motte se démoule entière, et arrosez au pied immédiatement après la plantation pour mettre la terre en contact avec les racines.
Qu'est-ce qu'un pot anti-chignon ?
Un contenant dont les parois nervurées ou ajourées empêchent les racines de tourner en spirale contre la paroi. Quand un plant reste longtemps en pot, les racines qui atteignent la paroi la suivent et peuvent former un chignon qui persiste après la plantation et freine l'installation. Les parois anti-chignon orientent les racines vers le bas ou provoquent leur ramification, pour une motte qui s'installe plus vite une fois en terre.
En résumé : trouvez votre matériel en un clic
Pour semer en terrine ou en alvéoles, rendez-vous dans la catégorie plaques de semis, sous-bacs et terrines. Pour élever vos plants jusqu'à la mise en place, voyez les pots, godets et conteneurs. Pour les installer au jardin sans défaire la motte, direction les transplantoirs.
10. Tableau récapitulatif : chaque étape et ses gestes
| Étape | Moment | Geste clé | Matériel |
|---|---|---|---|
| Semis | Selon l'espèce | Semer en alvéoles pour éviter un repiquage | Plaques alvéolées, terrines, dôme |
| Repiquage en godet | Cotylédons ouverts, avant la première vraie feuille | Tenir par une feuille, soulever la terre par en dessous | Godets, substrat, brumisateur |
| Élevage | Jusqu'à une motte qui se tient | Lumière forte, fraîcheur, pas de chignon | Pots anti-chignon, presse-motte |
| Endurcissement | Une semaine à dix jours avant | Sorties progressives, abri puis soleil | Voile léger pour les nuits fraîches |
| Mise en place | Fin de journée, sol ressuyé | Motte entière, tassement, arrosage au pied | Transplantoir, étiquettes |
| Reprise | Première semaine | Ombrer plutôt que noyer, remplacer sans attendre | Voile sur arceaux, plants de réserve |
Une motte entière, un plant qui ne s'arrête pas
Le bon stade, une plantule tenue par la feuille, une motte qui se tient et un plant endurci : c'est tout ce qui sépare un repiquage réussi d'un rang qui stagne. Parcourez nos plaques de semis et terrines, nos pots et godets et nos transplantoirs. Un doute sur le contenant adapté à vos semis ? Notre équipe vous conseille.